J’avais tout faux !

C’est toujours une bonne idée je pense de commencer un texte par un peu d’autoflagellation, de modestie bien placée, voir de violence physique contenue et adaptée. C’est donc le choix que je fais ici en mettant en évidence, dès le titre, une erreur de ma part que je me vois dans l’obligation de confesser, confession que je vais me permettre de faire en pleine lumière (vous m’excuserez de manquer de confiance envers les confessionaux en ce moment…). J’avais donc tout faux. Sur quel sujet ? Bonne question. Le choix est sans doute vaste, mais la thématique que je choisis a ici trait à l’appréciation du lien entre états-uniens et lutte contre le réchauffement climatique.

Fort naïvement, j’avais en effet retiré comme message fort des derniers débats sur le réchauffement de la planète que les américains étaient méchants, irresponsables, et pas beaux. Disons, irresponsables du moins. Avec pour éléments à charge notamment : le refus de signer Kyoto, le manque de motivation dans les débats, le conservatisme, et les émissions de CO² des voitures américaines.

Je reste toujours dubitatif devant la plupart des éléments ci dessous. Mais il en est un qu’un récent voyage aux Etats-Unis, sur la Côte Ouest pour changer, m’a amené à reconsidérer : le lien entre les états-uniens et leur voiture.

La vision simpliste que j’avais jusqu’ici était en effet la suivante : aucun effort n’est fait pour favoriser l’abandon de la voiture, et c’est entièrement de leur faute. Mea Culpa.

Je ne sais pas si aucun effort n’est fait. Mais ce que j’ai découvert récemment, c’est que, de toute façon, il est absolument inutile de tenter de réduire le nombre de voitures en circulation aux Etats-Unis.

Je m’explique. On a tous déjà entendu parler des grandes autoroutes américaines, qui relient habilement deux points de ce grand pays entre eux. Bien. Ce que toutefois je n’avais pas en tête avant de partir, ces que ces gigantesques autoroutes (qu’on qualifiera de « mégaroutes ») ne remplacent pas nos autoroutes. Elles remplacent… nos avenues! Ainsi, les villes américaines sont ainsi faites que, pour relier deux points quelconques, on ne prendra pas quelques petites rues bien choisies : on prendra une mégaroute. Les deux points dont on parle ne sont donc pas New York et Philadelphie, mais bien le lieu de travail et le boulanger… La raison en est simple : les villes américaines sont récentes, et les problèmes ayant trait aux développement des transports ont donc été découvert à mesure que la ville se construisait. Et point de lieu historique à protéger pour s’empêcher d’y répondre de façon décisive (le choix peut ainsi être fait d’agrandir les Champs Elysées, ou d’ajouter une mégaroute juste à côté pour les décharger…). Point positif de cette approche : moins d’embouteillages, et une moins grande densité urbaine, même dans les mégalopoles telles que Los Angeles. Point négatif : piéton, passez votre chemin si vous ne voulez pas avoir l’impression de vous balader sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute.

Et c’est là qu’est le noeud du problème : compte tenu de cette organisation urbaine pour le moins « décentralisée », voire « éclatée », il est absolument inutile d’envisager créer un réseau de transports en commun suffisamment dense pour se substituer efficacement à la voiture : ce serait comme chercher à ouvrir une ligne de bus par habitant. Conséquence : le grand nombre de voitures est une conséquence de l’organisation urbaine, qu’il est absolument impossible de remettre en cause sans reconstruire entièrement la ville. Blamer les américains pour la simple possession d’une, ou plusieurs voitures, est donc parfaitement inutile. Et j’avais donc tout faux.

PS : cela n’empêche pas de plaider pour des voitures plus écologiques, au contraire…
PPS : évidememment, par les « villes américaines », il faut comprendre « certaines villes américaines ». Les Etats-Unis sont véritablement un très grand pays, avec une diversité de situation étonnante.

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